Statuts de l’O.P.B. (1949)

Les présents statuts ont été conçus à l’échelle des effectifs actuels et sont susceptibles de modifications en cas d’expansion d’O.P.B., sauf en ce qui concerne les principes et les buts.

I. Buts de l’organisation

L’organisation régie par les présents statuts rassemble des militants de l’anarchisme social en vue de travailler à la réalisation du but suivant : transformer les mouvements anarchistes le plus possible dans le sens d’organisations efficaces et sérieuses défendant un corps de doctrine cohérent, pouvant être ainsi résumé :

La construction d’une société anarchiste suppose une période de lutte révolutionnaire plus ou moins longue, plus ou moins violente, de prise par le peuple des moyens de production, d’échange, de répartition, de transmission. Pendant cette période, le peuple exerce un pouvoir révolutionnaire direct diamétralement opposé au pouvoir d’Etat, Etat étant entendu dans son sens historique de domination de l’ensemble de la Société par un appareil exerçant son autorité en dehors de toute volonté ou contrôle réels du peuple !

Les organes de ce pouvoir direct sont les organisations populaires fédérales (comités de lutte révolutionnaire, conseils, syndicats, communes, coopératives, etc...) avec les seules centralisations imposées par la nature même des relations à établir. La pratique du peuple organisateur s’oppose ainsi à la naissance et au développement d’une bureaucratie permanente et privilégiée, la pratique du peuple en arrmes - milices populaires contrôlées par tous les organismes économiques et sociaux - s’oppose à l’existence d’une caste militaire ou policière séparée du peuple.

La volonté de suppression des classes, des privilèges et d’autre part les nécessités de la vie sociale dans un monde hautement industrialisé et technicien conduit à résumer la volonté de transformation anarchiste par la formule suivante : Equivalence des conditions, hiérarchie ou spécialisation des fonctions, étant bien entendu que les techniciens, tant dans le domaine administratif qu’industriel ou de la lutte violente, ne peuvent avoir d’autorité que technique, que d’autre part les éléments les plus marquants, montrant le plus d’initiatives dans la lutte ou la construction ne peuvent avoir d’autorité que technique, que d’autre part les éléments les plus marquants, montrant le plus d’initiatives dans la lutte ou la construction ne peuvent avoir d’autorité que morale et du consentement de tous.

II. Modalités de l’action

Article 1 : Le but des militant de l’O.P.B. peut être atteint à la fois en défendant son programme et en donnant l’exemple du sérieux, de la discipline (c’est-à-dire du respect des engagements pris), de la cohérence, du dévouement !

Article 2 : O.P.B. est considérée par tous ses membres comme leur point de ralliement essentiel, leur base commune de travail la plus solide. En conséquence, un militant de O.P.B. ne pourra appartenir à aucune organisation ou liaison dont les buts sont contraires à ceux de l’O.P.B. sauf en cas de délégation de celle-ci. Dans toute organisation, même dans celles dont les principes seraient voisins de O.P.B., un militant de l’O.P.B. sera d’abord au service de O.P.B.

Article 3 : Dans leur action, O.P.B. et ses militants ne doivent en aucun cas laisser supposer l’existence de la liaison, O.P.B. est une organisation de caractère secret.

Article 4 : Dans les mouvements anarchistes, les militants O.P.B. doivent viser d’abord à répandre leur programme, à acquérir l’influence à la base. Ils doivent donc être présents et actifs dans leurs groupes, commissions, assemblées, congrès, etc. Ils doivent aussi accepter les responsabilités à tous les échelons s’ils sont capables de les assumer, mais cette acceptation doit être décidée en commun, au sein de O.P.B.

III. Fonctionnement

On ne peut appartenir à O.P.B. par simple adhésion mais par cooptation prononcée après enquête et à la majorité des deux tiers. Un militant coopté doit répondre à tout questionnaire fixé par l’organisation. Les seules sanctions sont : l’avertissement, la suspension pour un temps d’au moins six mois ou l’exclusion.

La démission n’est acceptée que si O.P.B. n’a rien à reprocher au démissionnaire, sinon, il y a lieu de prendre une sanction d’exclusion.

Tout militant en activité, suspendu, exclu ou démissionnaire doit observer le secret absolu sur O.P.B. et les militants qui la composent. Tout manquement à cet égard entraîne les mesures judiciaires adéquates par O.P.B. et pouvant aller jusqu’à la suppression en cas de dénonciation mettant en danger la sécurité des militants.

La structure de l’O.P.B. est la suivante :

- O.P.B., en assemblée générale, élabore chaque année (ou semestre, ou trimestre) le plan des activités de l’organisation. Elle élit un responsable du Plan, un responsable au Contrôle et un conseiller.

- En assemblée générale, comme à tous les échelons, les décisions sont prises à la majorité absolue.

- Le responsable au Plan, le responsable au contrôle et le conseiller constituent le Bureau de l’organisation. Le bureau est chargé de mettre au point les moyens les meilleurs propres à l’exécution du Plan décidée par l’assemblée générale.

- Le responsable au Plan a pour tâche de faire exécuter le plan élaboré par l’assemblée générale en assumant la direction des tâches des militants. Ce responsable après examen avec le Bureau de l’organisation choisit les militants qu’il estime les plus aptes aux tâches et fait en sorte que ceux-ci apportent une complète adhésion à leur accomplissement.

- Le responsable au Plan suscite les rapports d’activité des militants qui sont examinés par le Bureau et, éventuellement, soumis à l’assemblée générale.

- Le conseiller est adjoint au responsable au Plan.

- Le responsable au contrôle a pour tâches :
a) de convoquer le cas échéant la commission de Contrôle.
b) de faire effectuer le contrôle de la trésorerie.
c) de la sécurité de l’Organisation.

La commission de contrôle est formée outre le responsable au Contrôle de deux membres choisis dans l’organisation à tour de rôle, ces deux membres sont choisis par le responsable au Contrôle.

La commission de contrôle a pour tâches d’étudier les suspensions, exclusions et démissions. Ses rapports sont soumis à l’assemblée. En ce qui concerne les cooptations, celles-ci sont présentées par le responsable au Contrôle après examen du Bureau et après avoir entendu les parrains à l’assemblée générale pour adoption. Toutefois, le Bureau peut suspendre provisoirement un militant jusqu’à décision prise par l’assemblée générale.

Le militant dans le cadre de ses activités soumet ses activités et ses initiatives à l’approbation du bureau en l’absence de l’assemblée générale. Un minimum de travail à la base (F.A.) est accompli par les militants. Le refus ou la mauvaise exécution des tâches sont portées devant l’assemblée générale par le bureau. L’appréciation définitive est laissée à l’assemblée.

L’assemblée générale se réunit sur convocation du bureau, ou sur proposition des deux tiers de O.P.B. au bureau. L’appréciation définitive en est laissée à l’assemblée.

Toute décision n’est valable que si le 4/5 (approchés par défaut) des militants sont présents, la minorité est tenue de défendre à l’extérieur de O.P.B. la décision prise. Les militants minoritaires peuvent faire inscrire leur nom au procès verbal comme ayant défendu une thèse minoritaire.

Les membres de l’O.P.B. n’usent entre eux que du titre de militant. A leur entrée à O.P.B., ils choisissent un nom de militant qui est seul utilisé à l’intérieur de l’organisation.

Les statuts de O.P.B. ne peuvent être modifiés que par une assemblée générale.

Texte reproduit en annexe du livre de Georges Fontenis, L’Autre communisme..., op. cit., p. 292-294.