Chapitre IV :

De la Libération à la Guerre d’Algérie

A. La renaissance du mouvement anarchiste français (1944-1949)


Il suffit d’étudier l’âge moyen des responsables du Libertaire pour constater la différence de générations entre les cadres des organisations anarchistes de l’entre-deux-guerres et ceux d’après 1945. (...)

B. Les débuts de la Guerre froide et de la décolonisation (1945-1954)


Face aux accords de Yalta qui consacrent la division du monde en deux blocs, l’équipe du Libertaire propose comme d’autres « non-alignés » la constitution d’une troisième voie. Dès 1947, renvoyant dos à dos les deux impérialismes, le mot d’ordre « Ni Truman, ni Staline » fait la une du journal. Il ne s’agit pas d’une adhésion au neutralisme alors en vogue et les rédacteurs ne manquent pas une occasion de rappeler ce qui le distingue d’un mouvement pacifiste qui se laisse trop facilement manipuler. Les militants de la F.A. qui voient dans la Guerre de Corée le prélude à une troisième guerre mondiale, placent, cette fois encore, leurs espoirs dans l’ouverture d’un « front révolutionnaire ». (...)

C. « Néo-anarchisme » ou marxisme libertaire ? (1950-1956)


La querelle de la Plate-forme rencontre un écho inattendu au début des années cinquante dans la tentative de synthèse entre un courant communiste libertaire plate-formiste et un marxisme annonciateur des gauchismes de Mai 68. Au point de vue idéologique cette alliance contre nature trouvera, dans les années soixante, de nombreux défenseurs comme Maximilien Rubel ou Daniel Guérin. Mais ce projet s’inscrivait, au moins, au départ dans une stricte observance des préceptes anarchistes (...)