B. La querelle de la « Plate-forme » (1925-1934)

La proposition d’une plate-forme idéologique et tactique par quelques uns des anarchistes russes exilés en France a provoqué un important débat dans le mouvement libertaire international. Cette discussion est venue se greffer sur une controverse plus ancienne portant sur le type d’organisation à adopter pour les anarchistes.

Indéniablement, le mouvement anarchiste français traverse une crise à la fin des années vingt. Il ne réussit pas à retrouver l’audience dont il jouissait à la veille de la Première Guerre mondiale. L’arrivée sur la scène politique du Parti communiste, auréolé du prestige de la Révolution russe, compromet grandement les chances de rétablissement de l’anarchisme dans le monde ouvrier. D’autant que la création récente de la C.G.T.-S.R. [1] ne compense pas la perte d’influence des militants libertaires dans les deux principales centrales syndicales. Enfin, les adhérents de l’Union anarchiste ont ressenti comme un échec l’abandon de la périodicité quotidienne. Dans Le Libertaire, les discussions théoriques vont bon train mais ces débats vont mettre à jour des tensions insoupçonnées toutes prêtes à éclater.

[1] La C.G.T.-S.R. (Confédération générale du Travail syndicaliste révolutionnaire) fut fondée à Lyon au cours du congrès de la Fédération autonome du Bâtiment du 13 au 14 novembre 1926.